Contrairement à Vanishing Point qui établissait une tension dans la répétition et la frontalité en s’appuyant sur le point d’horizon du paysage, A qui apppartiennent les pigeons ? bascule le point de perspective en se focalisant sur l’accumulation et le gros plan. Les plans se contruisent en épaisseur, le cadre se resserre.

Deux facettes d’un même personnage, un conteur et un dormeur filmés alternativement dans leurs contextes respectifs. Le «conteur» nous délivre sa connaissance du monde sous forme d’une série de poèmes numérotés de A1 à A95 ; nous le filmons et l’enregistrons dans une cour contigüe à celle de sa famille, au crépuscule et de nuit. Ses poèmes, à l’instar de ses dessins répertoriés dans ses cahiers d’écolier, nous décrivent le fonctionnement du monde : un simple croquis est susceptible d’expliquer l’ensemble des faits qui gouvernent notre vie : un évènement de la vie quotidienne, un trajet, la construction d’un bâtiment… Ailleurs, le «dormeur», chiffonnier de son état, survit dans son intérieur exposé au dehors ; un amas de sacs plastiques emplis de papiers et d’objets glanés dans la ville au jour le jour constituent les murs de cet intérieur. Nous filmons les tressaillements de son sommeil et les instants de son réveil.

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